Le RSCA et son utilité

Une longue période d’absence, les projets 2015 bloguistiques  n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. Les autres projets se sont par ailleurs bien déroulés : DES et thèse validés, DESC quasiment (il reste le mémoire à rendre), un peu moins de courses à pied que prévu mais j’y reviendrai plus tard.

Dimanche matin, un dimanche matin presque comme les autres puisque je sors de garde je fais une grasse matinée je sors d’un mariage. Petit tour des réseaux sociaux dont Twitter, et là petit débat agité autour d’une réaction du @Dr_Turfu interne en médecine générale à Paris. Ceux qui le connaissent/suivent un peu savent que ce n’était pas son rêve de carrière médicale, certains diront qu’il n’aime pas les patients pourtant je suis certain qu’il s’en occupe avec toute l’empathie et les qualités que doit avoir un bon praticien. La discussion lancée entre hier et ce matin porte sur les RSCA : Récits de Situation Complexe Authentique. Le Département Universitaire de Médecine Générale (DUMG) lui demande de faire de la recherche basée sur de la science humaine et bien sûr il ne comprend pas, lui qui est habitué/a été élevé en raisonnant sur les dernières recommandations de Sociétés Savantes.

Certes, j’ai eu des difficultés étant interne à retrouver ce genre de données, ayant un peu de mal à comprendre ou surtout ne sachant pas où chercher. Pas le temps de lire des livres de sciences humaines ou de sociologie. Et au final, l’incompréhension d’être jugé par mes pairs sur un travail écrit qui ne convient pas vraiment aux attentes du DUMG et qui ne leur en aucune manière un aperçu de mon approche du patient, de sa prise en charge en tenant compte de facteurs extérieurs non médicaux, non centrés sur le corps ou l’organe (c’est à dire est-ce que mon patient est isolé, comment vit-il, doit-il monter des marches pour accéder à son domicile, à son lit, peut-il se préparer à manger seul, est-que quelqu’un peut l’aider, doit-il s’occuper de ses enfants, comment peut-il gérer le problème qui l’amène avec son employeur/son poste…). Pour ça il y a les stages, mais peu de place à l’exercice en libéral (un ou deux semestres) et encore si le contact ne passe pas avec le maitre de stage, et bien autant dire que les commentaires de validation risquent d’être biaisés par un malentendu basé uniquement sur une relation entre 2 individus et non sur la relation entre un professionnel en apprentissage avec ses patients.

Ce qui est drôle, c’est que ce dimanche matin, j’étais au brunch du mariage du week end. Un mariage de médecins, médecins généralistes, interne et remplaçant…et donc avec des invités médecins, en grande partie généralistes (internes ou remplaçant…et quelques formés généralistes devenus urgentistes). A un moment donné la discussion est venue sur le type d’activité espéré pour l’avenir (qui visiblement ne doit pas ressembler à celle de nos pairs en fin de carrière) et sur la formation de médecin généraliste. Le sujet est venu tout seul sans que j’intervienne en abordant ce que j’ai évoqué plus haut (c’est le problème quand un petit de 2 ans veut faire quelque chose, on passe moins de temps avec les copains). Le RSCA pose visiblement problème à toutes les promotions. Difficultés à trouver le temps d’écrire, difficultés à trouver la situation qui plaira au DUMG, difficultés à trouver le genre de bibliographie qui sera adaptée à la situation et qui plaira au DUMG.

L’intérêt de se poser des questions à une situation donnée est plus que certain et réellement nécessaire. Le bénéfice de partager des expériences avec d’autres confrères et d’échanger sur ce qui aurait pu être fait pour améliorer une prise en charge est majeur. On peut alors se poser la question suivante : est-ce que la formation « théorique » doit être modifiée/améliorée? Visiblement le système actuel marche bien, par exemple à Lille qui est réputé pour être une bonne formation pour devenir médecin généraliste. Il n’y a qu’à suivre @Matt_Calafiore pour comprendre que les choses semblent plus simple. @GeluleMD également pourtant sur une autre ville entend bien que si la plupart des internes se plaignent de leur formation, il faudra revoir ce qui pose problème. Quand on voit la motivation, la joie qu’ont les internes à travailler avec ces médecins généralistes enseignants (cf @ElliotReid_MD, @TPuszkarek entre autre), on se demande pourquoi ce n’est pas partout comme ça. Est-ce que le DUMG de certaines villes n’est pas vieillissant? Est-ce qu’il ne faudrait pas du sang neuf pour revoir l’enseignement ou du moins revoir la façon d’aborder cet enseignement pour faire comprendre aux internes la façon de travailler pour en tirer le meilleure apprentissage?

Je n’ai bien sûr pas de réponse et ce serait mal venue de la part d’un mec parti faire les urgences pour donner une leçon sur la façon d’enseigner la médecine générale. D’une part parce que je ne pratique pas cette activité spécifique et d’autre part parce que je n’ai pas fait suivi de formation en pédagogie. Il est possible que les enseignants de médecine générale me renvoie dans les cordes, mais ces questions existent ces les internes de cette spécialité indubitablement.

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