On est bien chez eux

J’ai débuté mon internat dans un petit Centre Hospitalier perdu au milieu de la campagne, entre les champs et les bois. C’est le genre d’endroit où personne ne veut vraiment aller.« Quoi? tu vas à Perlin, mais t’avais pas le choix? » (le tout dit avec une moue non dissimulée. Ou avec cet air d’inquiétude sur mes capacités mentales)

Oui j’y suis allé après un choix libre et éclairé, et je ne regrette pas.

Il y a dans ce genre de petit établissement une grande différence avec l’usine que représente le CHU. Fini l’époque où nous n’étions que des étudiants larbins, invisibles pour beaucoup avec des taches de secrétariat sans grande médecine. Fini l’époque où nous étions méprisés par une partie des infirmières qui ne comprennent pas l’importance de travailler en équipe pour le bien du patient avec nos compétences propres à chaque statut : étudiant, infirmière, médecin, aide soignant, assistante sociale, kiné…

J’ai découvert un tout autre univers.

Un endroit où la visite se fait avec le PH (Praticien Hospitalier), ou en tout cas où un PH est toujours disponible pour t’aider quand tu as un souci. Un endroit où les aides soignantes me vouvoyaient et m’appelaient docteur…je vous avoue que quelque part c’était gênant. J’ai pris rapidement l’habitude de tutoyer les infirmières et aides soignants du service, c’est plus pratique. Surtout que j’ai la fâcheuse tendance à oublier les noms (trop de prénoms féminins qui parfois se ressemblent…mais je me soigne). Bref, j’étais surpris et très embarrassé par ces professionnels qui me vouvoient alors qu’ils sont plus âgés et expérimentés que moi. J’admire leur vision respectueuse du médecin mais je trouve que cette époque est dépassée. Les choses changent parce que je leur ai dit que me tutoyer serait plus facile, mais de temps en temps un « vous » et « docteur » persistent ça et là.

J’ai découvert un monde où on peut travailler dans une ambiance plus détendue. Et c’est très rassurant. C’est comme si je vivais un 1er semestre au pays des bisounours. Un senior toujours présent avec qui je partage une même vision de la médecine, des équipes paramédicales avec qui le dialogue est ouvert, une équipe des urgences très contente de notre travail et qui voudrait que je fasse mon semestre d’urgences chez eux…

Bien sûr, il y a eu une période de test où les infirmières te font hésiter sur tes décisions, testent si tu campes sur tes positions ou si tu cèdes facilement. Mais ça ne dure pas longtemps, tant que tu montres que tu t’investis dans ton travail, généralement ça se passe bien. Je sais bien que les prochains stages seront probablement bien différent et plus difficile. Mais pour le moment, qu’est-ce qu’on est bien chez eux!

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