Impitoyable ECN

Ce moment tant attendu, qui ne se vit qu’une seule fois. Telle une scène du film « phénomène ».

Plus de milles personnes d’une vingtaine d’année réunies dans un hangar, et cela dans plusieurs centres stratégiques de France. Tout le monde se ressemble, tout le monde est dans cet entre-deux monde : à moitié vivant, excité ne pouvant pas tenir en place, à moitié mort, le regard vide.

Nous sommes alignés, écart parfait entre chaque table, entre chaque rangée, entre chaque carré. Vu de haut, on jurerai voir l’armée romaine en route pour Carthage. La moitié faisant face à l’autre. Les surveillants sont comme des chefs de guerre, faisant des allers et venues au milieu de leurs troupes. Le stress monte petit à petit, certains ont déserté avant même de commencer le combat, certaines places resteront vides pendant 3 jours…une faible minorité tombera après le premier combat, la dureté de la guerre aura eu raison d’eux.

Après le dédale pour retrouver ses rangs, chacun est à sa place. Le chef de centre en bon général donne les ordres.

« Levez-vous ! »  Tout le monde se lève, à l’unisson. Tels des zombies, un millier d’êtres lobotomisés.

Puis vient l’attente. L’attente que les sujets soient distribués. L’attente que la même chose soit réalisée sur l’ensemble des centres d’examen. L’attente que le CNG donne l’autorisation de débuter le combat. Et tout le monde est immobile, silencieux, le regard fixe, dans le vide ou sur la personne faisant face, cet inconnu qui peut être un ami ou un illustre inconnu mais qui reste néanmoins un concurrent dans l’arène.

« Top, vous pouvez commencer »

Tout le monde s’assoit, à l’unisson. Les feuilles se tournent, les stylos fusent, les mots-clés sont crachés, les cerveaux fonctionnent au maximum de leurs capacités. Les moments de certitude croisent les moments de doute, la peur de la page blanche. Nous sommes tous entrainés, experts dans certains domaines, et dans l’arène c’est la loterie. C’est à celui qui aura le plus de chance, celui qui n’oubliera pas, le moindre détail peut déclencher notre chute ou celle de notre voisin. Et la fatigue, cette fatigue qui se fait sentir au fil des jours, mais il faut tenir. Garder la tête haute, les idées claires, ne pas se laisser abattre.

Le temps s’écoule, les minutes passent. Le temps joue contre nous. Enfin la fin s’annonce, le général demande aux troupes de se lever. A nouveau, tout le monde pose son stylo en même temps, se lève. Des robots ne feraient pas mieux. Les copies sont ramassées et c’est l’attente, encore et toujours l’attente. L’attente d’avoir l’autorisation de s’en aller, et les troupes s’impatientent. Beaucoup de temps s’est écoulé, 3 ans de préparation pour ses 3 jours de combats. Le stress est toujours là quelque part, un peu différent, on sait ce que l’on a fait, on ne sera plus jamais tout à fait les mêmes, notre avenir dépend de ces 3 jours. On ne tient plus en place, les jambes veulent se libérer, les esprits sont déjà un peu ailleurs, à demi-libérés.

 » C’est terminé ! Vous pouvez partir. »

Libre.

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